Au-delà des apparences !
Le contexte actuel est plutôt morose et nul ne saurait quoi en penser de ce monde éditorial, où tant de primo romanciers se font bouler avec des lettres de refus standardisées. Alors, avant même d'avoir reçu le refus de tous, chacun consulte frénétiquement le blog des autres. Pour voir où ils en sont, pour pêcher les dernières infos, pour continuer d'espérer encore un peu et ne pas s'avouer déjà vaincu. On finit par lire tous les articles de presse qui traitent de ce paradis de la reconnaissance, de ce panthéon inaccessible auquel l'on aspire. On noue des dialogues avec les autres et on se rassure mutuellement. Certains jettent des bouteilles à la mer en désespoir de cause, parce qu'on ne sait jamais et que le monde est vaste et bien imprévisible...
Ces bouteilles, aussitôt repêchées sont de suite jetées au panier, il faut combattre la pollution, garder propres les plages. Puis, un jour, parce que l'ouvrage manque, que l'on se sent de bonne humeur ou que la nuit fut bonne, on regarde de quel bois est constitué ce flacon et ce qu'il contient. On le soupèse, on tâte l'emballage. Puis, on ouvre le bouchon pour sonder la substance qu'il renferme. Elle semble intéressante, ou pourrait le devenir. On regarde alors l'étiquette de plus près. Les pérégrinations de l'objet n'ont pas altéré son intitulé, même les coordonnées de l'expéditeur sont encore lisibles. Alors, empli de bienveillance et avec un esprit en éveil, on contacte l'envoyeur, à tout hasard.
Ce dernier, tombe alors de son gros nuage chargé de pluie, avec la tête des jours compliqués. Il relit cent fois le message, qu'il connaît par coeur depuis la première lecture... Oui, le texte est clair, " envoyez-moi votre manuscrit avec une petite lettre de présentation et une biographie courte " à New York, USA.
Entendu, le cri jeté dans la nuit a été entendu ! La nuit suivante est alors peuplée de rêves inavouables et de doutes insondables. Est-ce bien vrai ? Ne s'agit-il pas là d'un quelconque mirage généré par une patience qui s'émousse ? Non, au réveil, le message est toujours bien présent. Alors que l'aube se lève, le coeur s'affole. Envoyer un manuscrit, c'est comme s'inscrire à un examen, que l'on passera anonymement plus tard. Mais là, le message devient personnel et on s'apprête à écrire à une personne physique, bien réelle. Le fameux examen, c'est pour tout de suite ! Plus moyen de reculer, plus le temps de corriger ou de réécrire encore une fois tel ou tel passage, il est temps de sauter dans le grand bain. Il est venu le moment où l'on devra se montrer capable de nager seul.
Frétillement, on rédige sa lettre en y mettant l'essentiel, en se préservant d'alourdir pour rester naturel ; on emballe son colis avec soin en tremblant légèrement. Comme on se sent petit en cet instant. Pendant qu'on rédige l'adresse, les noms des prestigieux écrivains défilent dans notre tête et une boule prend forme dans son estomac. Le soir, avant la fermeture des guichets, on apportera son colis d'un kilo et demi au guichet des postes pour un envoi en recommandé vers l'international, en priant le ciel et tous ses saints de ne pas faire durer trop longtemps ce supplice.
On a le sentiment en ressortant d'avoir posé un pied dans la cours des grands, malgré les interdictions, malgré les "qu'en penseront-ils". Puis on rentre chez soi, pour affronter une nouvelle nuit, qui on le sait déjà, sera blanche.




Qu'est-ce que je te comprends! J'aime beaucoup l'image du flacon à la mer... tout comme toi, j'attends... de l'autre côté de la Manche ;)
Rédigé par: Jo Ann v. | le 07/08/2007 à 14:34
Oui, les envois qui se succèdent sont autant de bouteilles lancées à la mer. Ce que j'ose espérer le plus, serait d'être certain d'avoir au moins été lu, avant de voir rejeter mon manuscrit. Je tente de garder confiance en écrivant un nouveau livre, qui vivra verra !
Rédigé par: Jerome | le 07/08/2007 à 15:26
Je pense aussi qu'on ne devrait pas arrêter totalement, en train de guetter le facteur :) Ecrire pendant qu'on attend est un excellent moyen de ne pas voir passer le temps! :D
Rédigé par: Jo Ann v. | le 07/08/2007 à 16:12
C'est fait, ils sont en ligne !
Rédigé par: Jerome | le 07/08/2007 à 16:28
Oui en fait plus on reste dans l'attente et moins on vit pour de vrai! Il faut savoir se détacher de ses écrits pour vivre autre chose...
Rédigé par: Elisabeth Robert | le 07/08/2007 à 17:13
Super, je m'y mets! :)
Rédigé par: Jo Ann v. | le 08/08/2007 à 07:54
Des (bonnes) nouvelles?
Rédigé par: Jo Ann v. | le 20/08/2007 à 20:18
Salut Jérome ! Voilà, je me suis lancée : ouvert mon blog ! Pour l'instant, j'ai l'impression que je tourne autour du pot ! Je parle de tout sauf de mon manuscrit illustré en quête d'éditeur. J'aime beaucoup ce que tu écris dans cette note. Si tu le permets, je le ferai suivre sur mon blog. Car tu résumes très bien ce qui nous motive tous, ceux qui comme nous ont envoyé un manuscrit, et espèrent... Je te souhaite de bonnes fins de vacances.
Joëlle
Bonjour Joëlle,
Enfin de retour, après quelques vacances pluvieuses et bien occupées, à restaurer ma maison (elle date un peu !). Bonne chance pour ton blog je vais y passer faire un tour !
Sinon, RAS, trois refus de plus, la routine en somme...
Rédigé par: lechemindubonheur | le 03/09/2007 à 11:04