Vacances !
A partir de ce soir, ce blog va roupiller un peu, jusqu'au 8 septembre. Pas que je parte en vacance, mais je vais rester à la maison pour bricoler et, repeindre ma salle de bain. A bientôt

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A partir de ce soir, ce blog va roupiller un peu, jusqu'au 8 septembre. Pas que je parte en vacance, mais je vais rester à la maison pour bricoler et, repeindre ma salle de bain. A bientôt
Un refus de plus au courrier, de la part du Dilettante. Cette fois je peux être certain d'avoir été lu. Il suffit de lire le commentaire manuel sur la lettre. Ils me disent que le sujet n'est pas traité d'une façon suffisamment profonde. C'est un point de vue, c'est le leur... Pour moi, c'est une petite victoire, il ne m'ont pas dit d'aller me faire moine, ni de prier saint Machin et de laisser tomber l'écriture. Et c'est ça qui compte le plus !
Ce matin, un refus de plus, cela devient une longue habitude. Denoël qui a répondu dans un délai d'un mois et demi, ce qui semble bien court et qui ne demande pas moins de plus de six euros pour le renvoi du manuscrit ! En somme, on dépense 4,37 euros pour l'envoi et plus cher pour le retour. Une façon indélicate de rentabiliser un peu le service des manuscrits. Enfin, le monde est ainsi fait... Maintenant, je n'attends plus que les réponses des éditeurs moins gros. De toute façon, je ne me faisais pas d'illusion, n'étant pas recommandé, ni connu du milieu littéraire.
En même temps, je recevais le livre du camarade pourfendeur de la société de consommation moderne, j'ai cité M. Mikaël. Hirsch avec son livre "Omicron". Le début de son livre me laisse un peu septique, je trouve qu'il écrit mieux sur son blog. Je verrai à la lecture du reste quoi en penser réellement. Pour l'instant, je trouve que le ton du contestataire désabusé et cynique est un tantinet lourdaud. J'aurai aimé y trouver une touche d'humour. A suivre …
Le contexte actuel est plutôt morose et nul ne saurait quoi en penser de ce monde éditorial, où tant de primo romanciers se font bouler avec des lettres de refus standardisées. Alors, avant même d'avoir reçu le refus de tous, chacun consulte frénétiquement le blog des autres. Pour voir où ils en sont, pour pêcher les dernières infos, pour continuer d'espérer encore un peu et ne pas s'avouer déjà vaincu. On finit par lire tous les articles de presse qui traitent de ce paradis de la reconnaissance, de ce panthéon inaccessible auquel l'on aspire. On noue des dialogues avec les autres et on se rassure mutuellement. Certains jettent des bouteilles à la mer en désespoir de cause, parce qu'on ne sait jamais et que le monde est vaste et bien imprévisible...
Ces bouteilles, aussitôt repêchées sont de suite jetées au panier, il faut combattre la pollution, garder propres les plages. Puis, un jour, parce que l'ouvrage manque, que l'on se sent de bonne humeur ou que la nuit fut bonne, on regarde de quel bois est constitué ce flacon et ce qu'il contient. On le soupèse, on tâte l'emballage. Puis, on ouvre le bouchon pour sonder la substance qu'il renferme. Elle semble intéressante, ou pourrait le devenir. On regarde alors l'étiquette de plus près. Les pérégrinations de l'objet n'ont pas altéré son intitulé, même les coordonnées de l'expéditeur sont encore lisibles. Alors, empli de bienveillance et avec un esprit en éveil, on contacte l'envoyeur, à tout hasard.
Ce dernier, tombe alors de son gros nuage chargé de pluie, avec la tête des jours compliqués. Il relit cent fois le message, qu'il connaît par coeur depuis la première lecture... Oui, le texte est clair, " envoyez-moi votre manuscrit avec une petite lettre de présentation et une biographie courte " à New York, USA.
Entendu, le cri jeté dans la nuit a été entendu ! La nuit suivante est alors peuplée de rêves inavouables et de doutes insondables. Est-ce bien vrai ? Ne s'agit-il pas là d'un quelconque mirage généré par une patience qui s'émousse ? Non, au réveil, le message est toujours bien présent. Alors que l'aube se lève, le coeur s'affole. Envoyer un manuscrit, c'est comme s'inscrire à un examen, que l'on passera anonymement plus tard. Mais là, le message devient personnel et on s'apprête à écrire à une personne physique, bien réelle. Le fameux examen, c'est pour tout de suite ! Plus moyen de reculer, plus le temps de corriger ou de réécrire encore une fois tel ou tel passage, il est temps de sauter dans le grand bain. Il est venu le moment où l'on devra se montrer capable de nager seul.
Frétillement, on rédige sa lettre en y mettant l'essentiel, en se préservant d'alourdir pour rester naturel ; on emballe son colis avec soin en tremblant légèrement. Comme on se sent petit en cet instant. Pendant qu'on rédige l'adresse, les noms des prestigieux écrivains défilent dans notre tête et une boule prend forme dans son estomac. Le soir, avant la fermeture des guichets, on apportera son colis d'un kilo et demi au guichet des postes pour un envoi en recommandé vers l'international, en priant le ciel et tous ses saints de ne pas faire durer trop longtemps ce supplice.
On a le sentiment en ressortant d'avoir posé un pied dans la cours des grands, malgré les interdictions, malgré les "qu'en penseront-ils". Puis on rentre chez soi, pour affronter une nouvelle nuit, qui on le sait déjà, sera blanche.
Les pages de mon blog, Salaire des écrivains, comment se faire éditer et les extraits de mon roman sont les plus visitées par les Internautes. Que peut-on en déduire ?
Est-ce pour toucher un salaire que les gens veulent écrire, pour se penser une vie meilleure et plus facile, qu'il suffit d'aligner des phrases au long des pages pour être reconnu ou pour se soulager dans une auto-analyse ? L'envie d'écrire est une grande mode chez nous, sans doute la "particularité française" que nous aimons bien. Cependant, un nombre infime de "néonoteurs" ou "primo-romanciers" verront sortir au grand jour leurs écrits, ainsi va la vie difficile du monde littéraire.
Peut-être que tout le monde n'a pas quelque chose d'essentiel à dire, ni une aventure extraordinaire à raconter, ni le talent pour le faire. Je l'ai déjà expliqué dans une autre note, l'autobiographie demande réellement un rare talent et, une vie bien singulière pour intéresser les lecteurs. Encore faudrait-il savoir la narrer de manière suffisamment pudique et détachée pour ne pas s'auto-satisfaire et, faire de l'exhibition.
Pour ceux qui savent écrire sans fautes et en bon français (tous pensent qu'ils le font !), il semble y avoir plusieurs solutions si les grands éditeurs ne veulent pas de leur prose. L'auto-édition, qui coûte cher et ne se vend que confidentiellement, la micro-édition qui permet de se faire quelques références et de commencer à exister un peu, les revues et les concours qui peuvent être un petit tremplin vers l'air pur et la lumière.
Mais avant tout, le sens de la modestie est de rigueur, ainsi que la patience et le travail, que la remise en cause de soi. Beaucoup de premiers romans qui sortent ne sont pas le "premier roman" de leurs auteurs. Ils se sont perfectionné au fil du temps, ils ont mûri leurs styles avant d'y parvenir. Certains se sont même édités à compte d'auteur avant d'être reconnus, ils ont fait leurs classes patiemment.
Je suis très surpris de lire à quel point, certains auteurs en espoir de devenir, sont contents de leur travail. Le seul problème qu'ils rencontrent, réside dans la qualité du juge. Le seul qui vaille, c'est le lecteurs !
Un bon écrivain sans lecteurs n'est pas un écrivain, il aligne des mots, se fait plaisir, c'est un dada.
Yes, là, je ne vais pas me faire des amis ! Mais au risque d'en froisser quelques-uns, il est bien de rester réaliste, de garder les pieds sur terre, les trompettes de la renommée sont dures en affaire, elles ne sonnent que pour les meilleurs.
Si seulement vous tous, qui passez sans laisser de trace, qui lisez les extraits de mon roman sans le commenter, qui cherchez sans doute aussi à vous faire publier, aviez la gentillesse de laisser un petit mot de temps en temps. Ne serait-ce qu'un petit mot après votre lecture, ou un commentaire sur une note, ce serait très sympa !
Derrière nos blogs, il y a toujours une certaine volonté de dialogue, ce n'est pas que de l'exhibitionnisme, destiné à quelques passants anonymes. Mais non, mes statistiques me disent le nombre des passants fantômes, c'est tout. C'est triste et c'est bien dommage.
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