La vie, sans eux
Jeudi soir, concert réussi pour les "4 Days" au Gibus, le groupe est sélectionné pour l'Elysée Montmartre. Nous étions très fiers de nos jeunes musiciens, et déjà deux cent CD de vendus pour eux. Sincèrement, ils sont vraiment bons. Ensuite, fin de week-end fraîchement vécu, avec au programme la réfaction de l'appartement de la belle fille et la venue des mes enfants. Sur trois, seules les filles sont passées, le fiston faisait dans sa culotte à l'idée de m'affronter, une gastro subite qui tombait bien à propos. Il a décliné l'offre de sa sœur qui se proposait de l'amener en voiture. Il a seulement eu le courage de m'envoyer un texto, ainsi, il était certain de ne pas entamer le dialogue. Suis-je donc si effrayant, si terrifiant qu'il n'ose m'appeler directement ? Mais peut-être aussi, a-t-il peur de s'entendre dire quelques vérités difficiles pour lui, ou n'a-t-il rien de concret en vue sur le vide de son existence. Le verbe "faire" lui est inconnu, et j'aimerai justement qu'il fasse quelque chose, ce qu'il veut, mais quelque chose. En attendant, il a trouvé une bonne âme qui le loge et le nourrit et, cerise sur le gâteau, qui lui chauffe son lit. J'aurai souhaité être fier de mon fils, ce n'est pas le cas actuellement.
Je suis toujours surpris de voir que certaines filles acceptent de prendre chez elles des fruits secs de ce genre, incapables d'amener quoi que ce soit en retour, ni de ce prendre en charge, ni de participer. Ils ne savent parler que de leurs projets, nombreux et ambitieux, dont ils ne se donnent jamais les moyens pour les voir se réaliser un jour. Du coup, les cadeaux de Noël sont sortis de dessous le lit, sauf le sien, qui y est retourné… Mon fils, ma bataille...!
Il y a des moments où le sens de la vie nous échappe, c'est la loi du genre, un aléa qu'il faut supporter, ou peut-être un signe de l'âge qui survient.
Finalement, on se rend compte que l'on a plusieurs vie, Celle d'avant, puis celle d'après. Peu importe le pourquoi ou le comment, c'est le destin qui rapproche et qui sépare. La vie moderne est une roue qui tourne à des vitesses différentes, qui fini par éloigner ceux qu'elle avait rapprochés. Seuls restent ceux qui ont perdus les repères sécurisants de l'enfance et, la cicatrisation est bien longue, souvent. Chacun est libre de lui-même, de ses choix, de faire un pas vers l'autre, ou de ne pas le faire. A cette roue de la fortune, il n'y a pas de sens unique et le temps qui coule ne semble pas améliorer les choses. Plus les jours et les années passent, moins le retour semble probable, seule les cicatrices perdurent en silence.






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