Diffusion du livre
Le monde de l'édition est en plein mouvement, les bébés suisses se mettent à la lecture des livres, que leurs aînés ne lisent plus et, le groupe Espagnol Planeta tente de faire une OPA sur le groupe Editis. On n'a pas fini de ne rien y comprendre. Il semble que le livre veuille devenir un simple enjeu financier.
Banquable or not banquable, that is the question ..!
Chaque bébé suisse recevra bientôt des livres à sa naissance
La Suisse s'engage dans la promotion de la lecture au berceau. Le projet "Né pour lire" sera officiellement lancé demain, à l'occasion de la journée mondiale de la lecture. Chaque nouveau-né se verra bientôt remettre un coffret de trois livres ainsi que des conseils et des propositions de lecture à sa naissance. Une manière d'encourager les jeunes parents à communiquer avec leur rejeton, à l'éveiller à la musicalité et à la richesse de la langue. Le coffret sera transmis par les pédiatres en Suisse alémanique, par les sages-femmes en Suisse romande. Les bibliothécaires sont invitées à prendre ensuite le relais, via diverses animations.
La diversité des livres est-elle un enjeu pour une démocratie ? Clairement oui.
Cette diversité peut-elle exister alors que l’édition est de plus en plus concentrée en France, où deux groupes (Hachette et Editis, en train de se faire racheter par l'espagnol Planeta) dominent le marché et exigent désormais d'importants taux de rentabilité? C’est moins sûr.
Un livre et un débat
D’où la nécessité, pour maintenir un véritable pluralisme, de lancer une réflexion sur les filières indépendantes d’édition, de vente ou de distribution du livre. Tel est l’objet d’un livre collectif paru aux Editions La fabrique (dirigées par Eric Hazan) et intitulé "Le livre: que faire ?".
En 95 pages, "Le livre: que faire ? " (La fabrique) esquisse une série de pistes pour continuer à faire vivre l'édition indépendante. Des huit contributions de ce court ouvrage, toutes intéressantes, on retiendra d'abord celle d’André Schiffrin, longtemps éditeur aux Etats-Unis et fort d’une connaissance internationale du monde de l’édition.
Pour faire vivre une petite maison d'édition, il ne faut pas énormément de moyens, rappelle-t-il d'abord (deux à trois mille euros suffisent pour éditer un ouvrage à quelques centaines d'exemplaires). Mais l'argent reste néanmoins l'éternel nerf de la guerre. Où le trouver ? Parmi les multiples exemples qu’il cite : en Suède, une maison d’édition a "mis sur pied une coopérative de lecteurs qui payent une modeste cotisation annuelle de vingt euros… ce qui permet à la maison de publier plusieurs dizaines de titres chaque année. Il suffit que 10% des membres achètent un livre et les frais sont amortis ». Autre modèle qu’il avait lui-même inventé aux Etats-Unis : une maison d’édition sans but lucratif. L’équivalent d’une "presse universitaire sans université". Mais elle marchait grâce au soutien de nombreux auteurs qu’André Schiffrin avait publiés dans une vie précédente, et grâce à des fondations éclairées comme il en existe parfois outre-Atlantique, mais qui font singulièrement défaut dans l'hexagone.
Signalons aussi, dans cette même "boîte à outils" pour éditeurs libres le plaidoyer de Jérôme Vidal pour qu’on apprenne à l’école à fabriquer des enfants lecteurs de vrais livres (et non, écrit-il, de « manuels qui sont en réalité des "non livres" destinés à des non lecteurs.. ») et les "réflexions hétérodoxes" de Francis Combes, qui suggère de prélever "un pourcentage infime" sur les droits tombés dans le domaine public (autant dire une taxe sur les grands éditeurs, qui sont aussi de gros éditeurs scolaires et vivent largement des oeuvres d'Hugo, Balzac, Rimbaud, Molière, aujourd'hui libre de droits). Mais il faut lire aussi un libraire rare, Rolando Alberto, qui dirige à Marseille la librairie "L'odeur du temps". "Dans ma pratique", confie-t-il à Eric Hazan, "conseiller consiste le plus souvent à détourner. Oui, je déconseille des livres, que le client a choisis après une prescription abusive, d'après les éloges de la critique pour un livre. Source France2.fr





Un des gros problèmes auxquels se heurtent les éditeurs indépendants, est la promotion: les libraires manquent de place. Aussi, peu d'entre eux accepteront de mettre en valeur les romans d'un "petit" éditeur. Et les livres coûtent chers: le lecteur préfère dépenser 15 à 20 euros dans un roman dont il connaît l'auteur. Je vais souvent à des séances de dédicace: Marc Lévy et Amélie Nothomb attirent deux cents personnes alors qu'un auteur régional se contentera d'un public très confidentiel; c'est injuste mais c'est ainsi; les éditeurs indépendants ont bien du mérite de continuer dans ces conditions.
@Nicole, Nous savons tous qu'il est difficile aux petits éditeurs d'être vendus par les libraires. Mais heureusement qu'ils sont là, pour donner une chance aux auteurs, petits eux aussi !
Je connais beaucoup de gens qui achètent des livres par Internet, et pas que chez les grands éditeurs. Les petites maisons d'édition ont aussi accès aux clubs de lecteurs, ce qui peut donner de bons débouchés. Ensuite, il y a le bouche à oreille qui fera la différence. Le réel manque de moyen reste de lutter contre la puissance du groupe Editis, qui draine largement les supermarchés, FNAC et autres grands vendeurs.
Rédigé par: nicole | le 23/04/2008 à 14:04