Magazines & Revues

Ma Photo

Librairie PLE

Marie-Christine Buffat

Irène Delse

Jérôme Cayla

Bloglog

Rejoignez moi

  • Join My Community at MyBloglog!

Enchères en ligne

Info & Presse

Besoin d'argent ?

Rien que des histoires

Mon blog poésie

Blogs qui m'intéressent

Facebook

  • Le profil Facebook de Cayla Jérôme
? Damien Guinet
un Blog-It Express chez vous ? Blog-It Express

Une envie ?

Blog powered by TypePad
Membre depuis 10/2005

Repéré par

Les commentaires récents

Référencement

juillet 2008

lun. mar. mer. jeu. ven. sam. dim.
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      

Ma folie !

  • Jardin_2008_011
    L'un de mes grands plaisir, les roses ! Cette black Bacara est un régal.

Chez moi

  • La_soulas_060708_008
    Pourquoi pas, la famille aussi ça compte !

Elisabeth Robert

Vous êtes comptés

Extrait de mon roman 15

15 / Sur une musique douce

Décidément, son univers à elle ne riait pas, ce soir, de concert avec eux. Anne mit un disque de Barbara sur la platine et ferma les yeux, pour tenter de ne plus penser. Elle fut tirée de sa rêverie, en sursaut, par l'appel de son téléphone.

               Oui ? Murmura-t-elle.

               Bonsoir, c'est Christian.

               Ah, Bonsoir.

Anne ne savait plus si elle devait se réjouir de son coup de fil ou rester prudente.

Aussi décida-t-elle de le laisser parler le premier.

               Pas trop dure ta journée ?

               Longue !

               J'ai besoin de te parler.

               Je t'écoute.

               Je préfère de vive voix, tu fais quoi en ce moment ?

               Je mange des corn-flakes, tu en veux ?

               Cela te dérange si j'apporte une pizza, pour le dessert ?

               Non, si elle est avec un oeuf à cheval.

               C'est d'accord, J'arrive bientôt, à plus

Anne avait juste le temps de passer se rajuster un peu dans sa salle de bain. Elle prit une douche rapide, refit légèrement son maquillage, rajusta sa coiffure et enfila une jupe noire, sur un chemisier blanc. Après s'être refaite une mine présentable, elle finissait de remettre un peu d'ordre sur sa table basse, quand Christian sonna.

Elle fit rapidement disparaître les lettres qui traînaient encore sur la table du coin repas, où elle ne mangeait jamais, avant d'aller ouvrir la porte d'entrée. Christian pénétra dans l'appartement avec deux pizzas encore fumantes qui dégageaient un parfum alléchant. Il les posa sur la table avant d'embrasser Anne, puis de se défaire de son pardessus.

Elle sortit des couverts du buffet, en ne lui cachant pas l'inquiétude que son appel avait provoquée en elle. Sans se départir de son sourire, en disposant les couverts devant eux, elle le charriait en plaisantant sur ce gros péché qu'il était venu lui avouer. Pour cacher le trouble qu'elle ressentait, de le savoir ce soir encore chez elle, Anne continuait de parler sur sa lancée.

               Déranger une femme à une heure aussi tardive, relevait sûrement, d'une urgence vitale. Qu'as-tu donc de si grave à me confesser en tête-à-tête ?

               Commence déjà par t'asseoir ! Suggéra Christian, à qui l'agitation d'Anne ne masquait nullement la gêne qu'elle tentait de dissimuler bien gauchement, dans la parole et le geste.

               … Ci-fait !

               Je t'en supplie, ne me regarde pas comme un messie au jour de sa résurrection. Tu me donnerais une importance que je n'ai pas, et ça me bloque. Commençons par manger un morceau, ça va refroidir et ce serait dommage.

Anne regardait Christian, comme quelqu'un de qui l'on attend une révélation. Assise bien droite, la bouche entrouverte, les yeux grands ouverts et brillants de curiosité. Cet air expectatif, un doigt benoît, lui aurait donné envie de sourire et de la serrer dans ses bras ; s'il n'avait pas été aussi préoccupé de l'aveu qu'il voulait lui faire. Christian préférait patienter encore, qu'Anne retrouve son aspect naturel et, qu'il prenne son courage en main.

Il avait le sentiment de jouer à quitte ou double ce soir.

Jusqu'ici, les évènements avaient joué en sa faveur, presque malgré lui, comme une suite de certitudes. Il avait imaginé des stratégies, être le moteur qui guiderait Anne vers les siens, il n'en était rien. Christian se sentait happé dans un tourbillon qui semblait le conduire, il ne savait encore vers quelle destination.

Il appréhendait aussi, être à l'aube d'une demande d'enquête pour le compte d'Anne. En bref, la même, mais dans le sens inverse.

Il le savait que trop, ce n'était pas réalisable.

               Je croyais que tu voulais me parler de quelque chose d'important, répliqua Anne en se servant une belle part de pizza.

               Oui, mais je meurs de faim, et comme il est mal élevé de parler la bouche pleine, cela pourra attendre encore un peu.

Pendant qu'ils se restauraient, Anne lui relata les réflexions qu'elle avait ruminées toute la journée, au sujet de sa vraie mère. Il lui paraissait évident qu'elle ne l'avait pas abandonnée pour s'en défaire, ainsi qu'elle le pensait jadis. Son père ne parlait jamais d'elle. Anne avoua bien volontiers, qu'elle non plus n'en parlait, en aucun cas.

Elle expliquait ce manque de dialogue, au sujet de sa maman, par la crainte qu'elle avait de se voir rejeter de nouveau. Par la peur qu'elle avait de rappeler la délicatesse, l'instabilité de sa situation, à ceux qui l'avaient recueillie. Par crainte aussi, de se voir placée dans un orphelinat.

Christian ne put que constater, qu'Anne avait d'hors et déjà poussé bien loin la réflexion.

Anne reconnaissait volontiers, que face à l'incertitude, elle avait opté pour la facilité. Elle reconnaissait avoir été un peu lâche, mais elle avait choisi la sécurité et le confort d'une famille sûre.

Pendant qu'elle assaisonnait copieusement d'huile pimentée, une nouvelle part de pizza, Anne interrompit son geste et s'adressa à Christian en le fixant avec attention.

               Dis moi, toi qui es détective, comment ferais-tu pour retrouver ma mère ?

Christian manqua de s'étrangler avec sa bouchée de pizza aux oignons. Il fut pris d'une sévère quinte de toux. Il ne s'attendait pas à cette question aussi directement, mais pourtant bien logique en vérité. Anne le saisissait au dépourvu, en prenant en main les opérations. Coutumière de s'assumer seule, son esprit cartésien raisonnait avec une logique aussi rapide qu'efficace.

Comme bien des hommes, Christian aimait maîtriser le déroulement des choses. Force lui était de remarquer, qu'il était contraint de suivre le raisonnement, et le parcours qu'Anne faisait à grand pas.

               C'est justement la raison de ma venue, ce soir, hoqueta-t-il en reprenant son souffle.

               Tu peux la retrouver ? S'exclama Anne dont les yeux s'illuminaient déjà.

               Oui ! Non…, ce n'est pas si simple que cela en a l'air.

               Oh ! Je comprend, se dépita Anne en s'enfonçant dans ses coussins, déjà l'œil humide de son dégrisement rapide.

Christian était au supplice de la voir ainsi désenchantée. Il devenait indispensable qu'il se reprenne et trouve les mots appropriés pour s'expliquer. Sans bien savoir comment convenir de son rôle dans le cheminement d'Anne, et se dévoiler pour de bon, Christian demanda l'attention d'Anne.

Il devait faire tomber son masque au plus tôt, et le plus franchement possible.

               Les choses ne sont pas si simples car lors d'une enquête, le détective n'est pas sensé se prendre d'amitié avec les gens qu'il cherche.

Brusquement, Anne s'était redressée. La main qu'il posa sur la sienne et le regard qu'il lui fit, réclamaient qu'elle le laissât parler sans l'interrompre. Elle se recala contre son dossier mœlleux en soupirant, ravalant du même coup le commentaire, que visiblement elle voulait faire.

Elle observait maintenant Christian, avec l'intérêt de celle qui cherche à lire les accents de vérité sur un visage. Lui aussi s'appuya confortablement pour reprendre le cours de son histoire.

               Oui, je t'ai rencontré lorsque je faisais une enquête pour l'un de mes clients. Ce monsieur, Robert Marchand, cherchait à savoir si l'enfant que son amie de jeunesse avait eu, était de lui. Les informations qu'il m'a données, m'ont permises de parvenir jusqu'à toi…

               Je présume que tu parles du Robert de la photo ! Le coupa Anne, avec un air de mépris dans la voix.

               En effet, il s'agit bien de lui.

               Anne était désappointée. Elle espérait une révélation d'une autre nature, ou peut-être quelque chose sur sa mère.

               Ce monsieur n'est rien pour moi. Il m'est juste un illustre inconnu dont je ne sais le nom que depuis hier. Je me fiche bien de ce qu'il veut. Je ne souhaite même pas en entendre parler davantage, de ce type !

De rage, Anne s'était mise à arpenter la pièce en croisant les bras et en fixant le mur devant elle.

               Tu m'as menti !

               Jamais !

               Par omission !

               Pour toi !

               Pour moi ? Tu entres dans ma vie, tu chamboules tout autour de moi. Tu me fais une cour d'enfer avec des sorties dans les musées et les restaurants, pour satisfaire ton client ! M'as-tu seulement demandé mon avis ?

               C'est pour te dire la vérité, que je suis auprès de toi, ce soir.

               Quelle vérité, la vraie ou celle qui t'arrangera le mieux ? Et bien, c'est un non catégorique, Je ne veux plus rien savoir de toi. Vas dire à ton Robert que je ne veux plus entendre parler de vous deux, jamais !

      

Appuyée, dos au mur, Anne avait les yeux emplis de larmes et sanglotait doucement, vaincue, rompue de regrets. Sa confiance avait été trahie, une fois de plus. Elle sentait que l'illusion de bien-être de ces derniers jours venait de s'achever.

Un ultime rêve où elle se serait sentie bien venait de prendre fin en quelques mots.

Christian voyait le maquillage fondre sur les joues de celle qu'il voulait aider de tout son cœur. Il se leva pour venir à elle, Anne ne semblait plus le voir, toute à ses pleurs. Lorsqu'il lui posa la main sur le bras, Anne tressailli.

               Je t'ai demandé de me laisser, sors de chez moi. Retournes à tes sales affaires, retournes bouleverser la vie des gens, tu fais cela très bien. Mais va-t'en loin d'ici.

               Ta mère aussi te cherche, lui annonça-t-il en désespoir de cause, comme d'un ultime sursaut avant le repli.

               Ne mêle pas ma mère à tes histoires solides !

               Aussi, accepte de m'écouter jusqu'au bout, ensuite je partirais et tu ne me reverras plus. Rassieds-toi, … s'il te plait.

               Et ensuite tu t'en iras ?

               C'est promis !

Ils reprirent place dans le canapé. Anne s'essuyait encore les yeux avec un mouchoir en papier, quand Christian reprit le fil de son histoire. Il lui raconta toute sa recherche, en n'omettant aucun détail.

Au fur et à mesure de ses propos, Anne se découvrait des grands-parents qui n'étaient pas encore instruits de sa naissance. Elle crispa ses doigts sur le velours des coussins, à l'évocation des aveux que fit sa mère à son actuel mari. Anne se surprit à sourire, d'apprendre qu'elle avait deux demi-frères. Elle eut encore une petite larme à la description du passage chez ses parents, à Dourdan. Un sourire enfin pour la lettre subtilisée dans sa chambre, et qui avait finalement permis de la retrouver complètement. Elle fut étonnée d'apprendre les paroles de son vrai père à Christian, lorsqu'il lui demanda de lui donner envie de le connaître. Se trouva surprise, qu'il se soit ensuite préoccupé de favoriser les retrouvailles entre la mère et sa fille.

La dernière phrase de Robert Marchand, concernant son rôle très symbolique de père et que le reste ne serait qu'une cerise sur le gâteau, la fit de nouveau fondre en larme. Anne tomba la tête en avant et la posa sur la jambe de Christian pour pleurer à chaudes larmes.

Christian lui posa sa main sur le dos et lui murmura des paroles tranquillisantes, en la caressant doucement.

Anne pleura longtemps, émue par tant de nouvelles bienveillantes et plutôt rassurantes. Aussi, parce qu'au fond d'elle-même, elle comprenait enfin qu'elle n'avait pas de responsabilité directe dans la perte de ses parents naturels. Après un long moment passé à la cajoler, quand Anne commençait à se remettre de cette trop grosse pression, Christian lui demanda si elle avait besoin de quelque chose.

               Je prendrai bien un thé.

               Et je trouve ça où ?

               Il y a ce dont tu as besoin sur la table de la cuisine, bredouilla Anne, toujours le nez enfoui dans son mouchoir.

               Pour ça, il faut d'abord que tu me rendes ma jambe.

               Excuses-moi, minauda Anne en jetant son dévolu sur un coussin de velours marron.

En effet, dans la cuisine il y avait tout le nécessaire pour préparer le thé. Christian alluma la bouilloire électrique après avoir vérifié qu'elle fut pleine. Il trouva sur l'étagère plusieurs variétés de thé. Il avait affaire à une connaisseuse en la matière, cela se voyait au premier coup d'œil.

Il était presque embarrassé d'être encore ici après sa confession. Il se sentait plus serein de s'être confié, mais encore un peu inquiet d'une réaction toujours possible qui le chasserait d'ici. Mais globalement, il était content de s'être déchargé des non-dits qui le rongeaient depuis un temps certain. En préparant les tasses sur le plateau, il sentit une présence dans son dos. Anne s'était placée contre le chambranle de la porte et le regardait œuvrer en souriant.

               Au jasmin, le thé, murmura Anne devant son hésitation.

               Les désirs de madame sont des ordres, plaisanta Christian.

               C'est mignon, un homme en train de faire du thé !

               Mignon ne me semble pas très approprié comme terme.

               Alors c'est touchant…

               Je finis la préparation de ton breuvage et je me sauve, comme promis.

               En ce cas, pourquoi as-tu mis deux tasses sur le plateau ?

               Mouche ! Je constate avec plaisir que tu vas un peu mieux.

               Pourtant, tu avais bien mal commencé, mais tu as réussi à être plus convaincant en fin de soirée.

               Ce merveilleux thé au jasmin, achèvera de me racheter ! Ironisa-t-il.

               Tu sembles bien certain que cela suffise, ce n'est qu'une tasse de thé, pas un acquittement !

Anne le narguait un peu en lui bloquant l'accès au salon, elle occupait l'encoignure de la porte. Avec son plateau dans les mains, il ne pouvait forcer le passage. Christian posa son plateau sur la table qui était à son côté et se redressa. Maintenant, ils se faisaient face. Ils ne se souriaient plus aussi franchement, leurs yeux ne se détachaient plus de la profondeur du regard de l'autre.

Christian attira Anne à lui d'une pression de ses doigts sur ses hanches, et l'embrassa tendrement sur la bouche. Le baiser dura encore quelques secondes durant lesquelles ils s'enlacèrent amoureusement. L'étreinte se faisant plus forte, ils s'embrassèrent plus franchement, avec gourmandise.

               Ton thé va refroidir, émit Christian en reprenant son souffle.

               Oui, le thé…, tu as raison

Elle fila avec la grâce dont seule une femme est capable, prendre la place du milieu sur le canapé. Christian qui la suivait avec le plateau, apprécia à sa juste mesure, le léger déhanchement qu'elle affecta d'avoir jusqu'à ce qu'elle se fût assise. Une fois sa tasse dans la main, elle se blottit contre lui, toute à son plaisir d'avoir une épaule sur laquelle s'appuyer.

Un sentiment nouveau l'habitait, une impression de plénitude que jamais encore elle n'avait ressentie.

Etait-ce cela, que certains appellent être comblée ? Pensait-elle en s'abandonnant à cette douce sérénité.

Ses certitudes et ses doutes quant aux hommes, les préjugés auxquels elle s'était agrippée depuis tant d'années venaient de se dissiper, en l'espace d'une étreinte. Emplie du bonheur de l'instant, l'esprit vidé des confusions qui l'habitaient jusqu'alors, Anne sirotait sa chaude infusion avec indolence.

Christian, qui avait cru vivre ses derniers instants auprès d'Anne, avait ressenti une douleur indicible le saisir. Une affliction, que seule l'idée d'un partir peut générer. Le temps d'un instant, il avait failli céder et laisser la place à son désarroi. Baisser les bras eut été un constat d'échec dont il n'avait pas la force. Poussé par un regain de volonté, il avait osé une ultime conciliation en venant vers elle. Sa dernière tentative l'avait sauvé.

En pénétrant dans sa cuisine, Christian avait eu l'intuition de partager plus intimement que jamais son univers. Les façons enjouées d'Anne, en lui interdisant le passage, avaient achevé de le faire fondre. Il avait éprouvé le besoin impérieux de l'embrasser. Christian, savourait sa joie de la savoir au creux de son bras, la tête contre son cou. Il tendit sa main restée libre vers la chaîne stéréo, pour remettre de la musique.

               Non, pas celui-là, Bilitis qui est devant toi. Ce sera mieux. Lui dit Anne qui émergeait de ses songes.

Les hauts parleurs se mirent à diffuser en sourdine la musique de Francis Lay. Une musique propice au recueillement, qu'ils écoutèrent en savourant leur bonheur d'être ensemble.

C'est Anne qui reprit la parole, en reposant la tasse qu'elle venait de finir.

               Si je t'ai bien compris, tu connais donc ma mère.

               En effet, j'ai eu le plaisir de la rencontrer.

               Comment est-elle ?

               Une femme bien, qui a souffert autrefois, comme tu le sais désormais. Tu es son portrait au même âge. Elle ne réside pas très loin d'ici, dans une petite maison et souhaite te revoir. Il lui en a beaucoup coûté de se séparer de toi, elle s'en veut encore, mais elle n'avait pas d'autre choix.

               Et son mari ?

               Un homme gentil et prévenant, qui comprend sa femme et veut son bonheur. Il est de corpulence moyenne et donne l'aspect d'un cadre encore dynamique, bien installé dans sa vie.

               J'ai la trouille de les rencontrer, mais j'ai besoin de voir ma mère.

               Elle le demande aussi !

               Demain ?

               Peut-être serait-il sage de la prévenir d'abord, s'exclama Christian que cette urgence presque enfantine ravissait.

               Appelle-la pendant que je prends une douche.

               Mais il est déjà onze heures du soir !

               Quelque part, j'attends ça depuis près de vingt-cinq ans, aussi, l'heure je m'en fiche pas mal ! Dit-elle d'un ton résolu en se levant.

               Et ton travail, ta boutique ?

               Manau ouvrira, je lui ai donné le double des clefs cet après-midi. Elle saura se débrouiller sans moi, et elle aura ainsi de bonnes raisons pour papoter à loisir, pour une fois !

Christian attendit d'entendre l'eau couler, pour composer le numéro de Michelle Chatou, qu'il avait en mémoire sur son portable. Le téléphone sonna plusieurs fois avant qu'il n'entende la voix d'un homme inquiet lui répondre.

               Monsieur Chatou, Bonsoir, veuillez excuser cette heure tardive, mais pourrai-je parler à votre femme ?

               C'est que…, elle vient d'aller se coucher, qui est-ce ?

               Christian Alonso, c'est au sujet de sa fille.

               Ne quittez pas…

Dans l'écouteur du combiné, Christian perçut un bruit de pas rapides dans un escalier que l'on monte à la hâte. La seconde suivante, il perçut un cri de femme suivi de la précipitation inévitable de ceux qui ont espéré trop longtemps. Il entendit quelqu'un attraper le combiné et lancer un Oui ? Tel un cri du coeur.

Le vagissement d'une mère qui renoue avec les fils de sa vie.

               Bonsoir Madame Chatou, je suis désolé de l'heure si tard….

               Avez-vous des nouvelles ? Lança-t-elle en le coupant d'une voix chargée de tout l'espoir que seule une si longue attente peut générer.

               Oui, Anne souhaite vous rencontrer, demain si c'est possible.

               Bien sûr ! Ce sera parfait.

               Elle viendra dans la matinée, je vous le promets.

               Elle sera la bien venue. C'est…, C'est formidable !

               Bonsoir Madame Chatou

Christian se resservit une tasse de thé, déjà presque tiède, le temps qu'Anne finisse de se doucher. Elle parut sur le pas de la porte de la pièce embuée dans un peignoir de bain bleu ciel, auquel elle avait assorti la serviette dont elle s'était enturbannée la tête. La voir ainsi affublée venir vers lui, Christian ne put s'empêcher de la trouver adorable. Juste avant d'entrer dans la pièce pour le rejoindre, elle marqua le pas, l'espace d'une seconde, comme pour lire dans ses yeux la réponse tant espérée.

               La nymphe est sortie des eaux, commenta Christian en la voyant plus désirable que jamais.

               Alors ?

               Ta mère t'attend dès demain.

               Anne se précipita se blottir dans ses bras pour l'embrasser fougueusement.

               Tu te sens mieux ?

               J'avais besoin de me laver de tout ça, répondit Anne les yeux humides et rêveurs.

               La purification par l'immersion dans l'eau ?

               Il y a un peu de ça. Ces derniers jours, on a décanté tant de choses, et c'est grâce à toi.

               Tu le méritais bien ! Mais Manau aussi est à remercier, elle a eu un rôle déterminant pour que l'on se rencontre.

               Cette chère Manau, qui m'agace autant que je l'apprécie. Elle a de bons moments quand elle le veut bien. Il n'empêche, que tout ce qui m'est arrivé, ne tenait à rien. Tout était à ma portée, si proche de moi et pourtant si éloigné. Maintenant, ça me fait presque peur. Pourquoi les gens ne disent-ils pas les choses telles qu'elles sont réellement, plutôt que de les taire ?

               Par fierté, par honte ou pour ne pas mettre mal à l'aise leur entourage, je présume ; parce qu'ils ne sont que des hommes, avec leurs faiblesses et leurs forces. L'humain n'est pas infaillible, c'est aussi sa richesse.

               C'est con, mais hélas tristement vrai ! Tu viens avec moi demain ?

Christian la rassura bien vite, ils iraient ensemble à la rencontre de la mère d'Anne. Mais avant cela, il devra faire un saut à son bureau pour prévenir de son absence et décaler des rendez-vous. Pendant ce temps, Anne pourrait aller expliquer à Manau pourquoi elle serait absente.

Anne sentait l'affaire différemment, ils iraient ensemble à la boutique et à son bureau avant d'aller voir sa mère. Maintenant qu'Anne avait Christian auprès d'elle, elle ne voulait pour rien au monde qu'ils ne se quittent, ne serait-ce qu'un seul instant.

               Ton travail n'est pas terminé et tu te dois à ta cliente, déclama-t-elle d'un air faussement contrit.

               Ce que femme veut… ! Déclama-t-il.

               Et bien oui ! On va se coucher ?

               Tu ne préviens pas Manau ?

               Elle dort Manau, et nous ferions bien d'en faire de même !

Cette réplique, plus incitative que suggestive, empruntait légèrement Christian. Bien sûr il avait envie d'elle, mais n'était-ce pas trop tôt pour la rejoindre dans sa couche ? Il ne voulait pas qu'elle se sente obligée de lui céder. Il désirait être certain qu'elle en crève d'envie, qu'elle soit animée du même élan que lui.

Fidèle à sa résolution, Anne se leva pour ôter son turban, et d'un geste fit tomber sur le sol son peignoir en coton.

Nue devant Christian, au milieu du salon, la grâce de son corps éclatait à ses yeux ébahis. Il ne s'attendait pas à cette manœuvre de séduction. Cela acheva de faire fondre ses doutes, si tant est qu'il en eut encore.

               Tu vois, tu es déjà en retard, le nargua-t-elle.

Anne le saisit par la cravate et le tira en l'entraînant derrière elle vers sa chambre. La voir déambuler devant lui dans la plus parfaite des nudités, avec un léger chaloupement des hanches, acheva de mettre le feu à son ventre.

Christian explora longuement le corps de son amie, appréciant de sentir glisser sous ses doigts la finesse de sa peau. Il caressa longuement les courbes de son corps qui défilaient sous sa paume. Ils se dévorèrent de baiser langoureux, pendant qu'il caressait ses seins dont les pointes s'érigeaient de plaisir. Des lèvres, il partit à la découverte de son ventre, descendant sur les cuisses à la limite du supportable. Remontant doucement ses baisers jusqu'à son cou, Anne l'avait attiré à elle.

A pleine bouche ils s'enlacèrent, le temps qu'ils se rejoignent pour ne faire plus qu'un. En un même soupir, ils laissèrent leur sens les transporter au bout d'eux mêmes.

Ils demeurèrent ensemble encore un long moment, le temps de reprendre le contrôle de leurs émotions. Toutes pensées avaient fui leurs esprits, pour savourer encore le bonheur d'être dans les bras de l'autre, dans une étreinte commune.

Christian se dégagea pour ne pas écraser son amie. Vidés de l'énergie qui les avait animés, ils demeurèrent côte à côte à se prodiguer des caresses mutuelles avant de sombrer dans un sommeil réparateur.

Anne s'éveilla la première et regarda dormir, avec attendrissement, celui qui l'avait conduite à la découverte d'elle-même. Le baiser qu'elle posa sur son front lui fit ouvrir les yeux. Ils s'embrassèrent et refirent l'amour avec la fougue des amants qui partent à la recherche de l'autre.

TrackBack

URL TrackBack de cette note:
http://www.typepad.com/t/trackback/570399/22298190

Voici les sites qui parlent de Extrait de mon roman 15:

Commentaires

Flux Vous pouvez suivre cette conversation en vous abonnant au flux de commentaires pour cette note.

Ouhhhh chaud chaud chaud vers la fin ! ^_^

Tu as quelques problèmes de ponctuation qui rendent certaines de tes phrases difficiles à comprendre. Il faut parfois s'y reprendre à deux fois pour en saisir le sens.

Ex : Anne avoua bien volontiers, qu'elle non plus n'en parlait, en aucun cas.

A mon avis, hormis le fait que cette phrase pourrait être mieux construite, la dernière virgule est à enlever. La première pourrait rester si tu en ajoutes une après "avoua" pour former une incise.

"Anne tomba la tête en avant et la posa sur la jambe de Christian pour pleurer à chaudes larmes.
Christian lui posa sa main sur le dos et lui murmura des paroles tranquillisantes, en la caressant doucement."

Ici, tes deux phrases peuvent être largement raccourcies.

"Anna pleura à chaudes larmes, la tête posée sur la jambe (cuisse ?) de Christian. Il lui caressa doucement le dos, tout en murmurant des paroles tranquilisantes. (rassurantes ?)" (pour rester dans ton idée)

Il y en a quelques autres comme ceux-là.

Merci Azul, j'en prends bonne note ! Je ferai attention à tous ça, bien que les avis soient partagés. Tu es la première à me signaler ce genre de soucis dans la construction de mes phrases. C'est amusant de voir les commentaires que l'on me fait, ils sont si différents selon les personnes…

Salut Jérome ! J'ai pris un (bon) moment pour lire l'extrait de ton roman. Evidemment, il est difficile de donner un avis sur un extrait sorti de son contexte. Je pourrais peut-être te suggérer de faire attention à la forme. Je crois, me souvenir que tu as écrit ce roman en trois mois. Et bien, cela se sent un peu. Ton style, même si celui-ci ne doit pas être compassé, est un peu négligé. Par ex. "passer se rajuster" dix mots plus loin "rajusta sa coiffure". "Christian à qui..." devrait se dire "pour qui" pour la compréhension de la phrase. Concordance des temps une phrase commencée au conditionnel doit se poursuivre au conditionnel.. Ce sont des petites inexactitudes qui, une fois corrigées permettraient une lecture plus facile. La ponctuation également comme il est dit dans le précédent com. fait que l'on doive parfois s'y reprendre à deux fois pour saisir le sens d'une phrase. Si tu le souhaites je pourrai te faire des commentaires plus exhaustifs.
Chaleureusement
Joëlle

Bonjour Joëlle, j'apprécie ta franchise, vraiment. Pour une fois que j'ai deux avis concordants, la ponctuation… C'est la première fois que l'on me fait ce reproche. Je vais y veiller, surtout s'il y a de nouveaux envois de celui-ci !

Au fait, j'ai oublié de préciser que c'est depuis l'ouverture de mon blog il y a deux mois, que je comprends l'importance de la ponctuation. Quand elle coule de source au fil de nos lectures, je n'y pense pas. Je dois dire, que je n'y prête par encore suffisamment d'attention, encore moins dans mes coms !
Chaleureusement
Joëlle