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06/05/2008

Vouloir être écrivain... !

A force de voir le nombre croissant de lecteurs qui cherchent à savoir ce que gagnent les écrivains et, comment faire pour le devenir, je commence à me poser bien des questions, sur ce qu'est justement un écrivain. Pour moi, un écrivain est une personne qui est passionnée et curieuse de tout, qui aime comprendre les autres, qui sait se fondre dans leurs habits et, qui peut penser dans un mode différent du sien. Un écrivain reste discret, car il sait très bien que tout est subjectif, une remise en cause de soi permanente, ce n'est pas un cadeau du ciel. Un écrivain sait qu'il en est un, lorsque les autres le qualifie ainsi ; sinon, ce n'est qu'un auteur, qu'il soit publié ou non. Si vouloir être lu est bien légitime, ce ne doit pas être une fin en soi, puisque c'est la seule chose qui ne s'impose pas. Ecrire est facile, être lu beaucoup moins et, les vrais écrivains en sont bien conscients. Il y a bien les conseils d'Hemingway à tout jeune auteur dont beaucoup devraient s'inspirer un peu plus :

250pxernest_hemingway_1950 1/ Soyez amoureux.

2/ Crevez-vous d'écrire.

3/ Regardez le monde

4/ Fréquentez les écrivains du"bâtiment"

5/ Ne perdez pas votre temps

6/ Ecoutez la musique et regardez la peinture

7/ Lisez sans cesse

8/ Ne cherchez pas à vous expliquer

9/ Ecoutez votre bon plaisir

10/Taisez-vous

Mais encore le travail, encore et toujours au travers de l'écriture que l'on doit chercher à perfectionner d'avantage. Il faut maîtriser le langage et ses codes, la syntaxe et la grammaire, sans parler de l'orthographe, à défaut de quoi, nul ne saurait être lu, ni y même prétendre. Tout cela s'apprend, mais tous ne l'appréhenderont pas de la même façon, car il faudra en plus quelques dons de conteur, afin de ne pas lasser le lecteur.

Je vais être édité par une maison d'édition, cela ne fait pas de moi un écrivain pour autant. Le plus dur reste à venir, mon roman touchera-t-il suffisamment pour que je puisse continuer sur cette voie ? A l'heure actuelle, rien encore n'est assuré !

A ceux qui lisent ce blog, qui veulent de l'aide et, qui me demandent des conseils, je n'ai pas de réponse toute faite. Posez-vous les bonnes questions sur votre niveau réel dans le maniement du langage, faites-vous relire par des gens que vous ne connaissez pas et restez modestes.

De grands auteurs le reste malgré le succès, prenez en de la graine, ils seront des modèles.

La rencontre avec Eric Emmanuel Schmitt a porté sur son parcours et les moments phares de sa vie d'écrivain et de dramaturge. « J'ai décidé de devenir écrivain pour provoquer des émotions, d'autant que l'écriture nous aide à vivre, a-t- il dit.

Schmitt considère que la vie d'écrivain est faite de doute et d'interrogations, mais au moment de l'écriture, tous les doutes se dissipent pour céder la place à la création. Source : InfoTunisie 

Anne-Marie Garat expliquait : "Le roman est ma manière à moi d'être. Je l'investis comme une nécessité pour me raconter l'histoire de ma vie, celle de mon siècle. Si j'écris une suite, ce sera sans doute mue par le ressort passionnant de l'intrigue romanesque, sentimentale, mais aussi parce que j'ai envie d'être avec le lecteur dans cette fabrique de l'histoire qu'est le roman, qui me raconte qui je suis aujourd'hui y compris en tant qu'écrivain ; j'ai ce rendez-vous avec moi, maintenant est-ce que je vais le tenir..." Le monde

Préface d'Anna Gavalda accordé à la Maison de la presse pour leur guide magazine 2002 L’amour des livres.

On me demande souvent des conseils pour devenir écrivain. Comme si je savais …

Je ne sais même pas ce que c’est, un écrivain. C’est quoi ?

Moi, par exemple, je ne me dis pas que je suis un écrivain. Je n’oserai jamais. Alors, de là à donner un conseil …

Amélie Nothomb : À jamais ! Vraiment ! Je vivais dans un très grand respect de la littérature. C’est très inhibant. Ça ne donne pas envie d’écrire. Comment succéder à Proust et à Flaubert ? Je n’y songeai même pas… J’ai commencé à écrire à 17 ans, parce que j’étais remarquablement mal dans ma peau, mais pas du tout dans le but de devenir écrivain. Je ne savais pas même pourquoi j’écrivais… sans doute pour me faire du bien. Ce qui a été fabuleux, c’est l’extraordinaire échec professionnel que je raconte dans Stupeur et tremblements, quand j’avais 22 ou 23 ans. Il a fallu pour la première fois m’avouer que je m’étais trompée de vie, que je n’allais pas être interprète au Japon. Je me suis dit : « Qu’est-ce que tu vas faire de ta vie ? Tu n’es bonne à rien, à part parler japonais et écrire des manuscrits. Parler japonais, tu as vu ce que ça a donné, on va peut-être essayer l’autre voie... » Source : CALCRE 

05/05/2008

Marc Levy & Elisabeth Robert

Marc Levy, Toutes ces choses qu’on ne s’est pas dites

Marclevy70a34 Le pape des écrivains de best seller sort son nouveau roman prochainement. Marc Levy a été tour à tour secouriste, gérant créateur d'un groupe spécialisé dans l'image de synthèse, architecte et depuis 1998 écrivain. Ses livres s'arrachent littéralement avec un total de 13 millions d'exemplaires vendus à travers le monde.

Le prochain roman de Marc Levy, Toutes ces choses qu’on ne s’est pas dites, paraîtra le 15 mai chez Robert Laffont (sortie avancée de quelques semaines). Initialement prévu début juin, cet opus sera tiré à 370.00 exemplaires.

Dans ce livre, le romancier raconte comment un père disparu renaît dans la vie de sa fille.

A l’occasion de la sortie du film Mes amis, Mes amours de Lorraine Levy avec Vincent Lindon et Virginie Ledoyen le 25 juin prochain, une nouvelle version du livre, accompagné de photos et d’un entetien avec l’auteur, sera proposée aux lecteurs le 12 juin. Auteur à succès, Marc Levy est le premier vendeur de livres en France depuis quatre ans. Son dernier roman, Les enfants de la liberté, est sorti en mai 2007. Très bien accueilli par le public, son premier roman, Et si c’était vrai... a été adapté au cinéma en 2005.

Ses ouvrages, traduits en 38 langues, continuent de séduire le public.

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Couvvdt Il y a aussi le nouveau roman d'Elisabeth Robert. P

Il s'intitule "Voyages de toi", écrit par Elisabeth Robert avec une préface de François Alquier, ce roman évoque la survie d'une jeune femme après le décès de l'être aimé.

Une fuite, un temps de recul pour survivre, des voyages et des rencontres au travers d'un moyen de communication...  Le Blog!

Un système de prévente sera bientôt mis en place afin de vous premettre de commander l'ouvrage à tarif préférentiel avant sa sortie.

Vous serez ainsi les premiers à le recevoir avec une dédicace de l'auteur si vous le souhaitez. Bon de commande ICI ou en écrivant directement à Elisabeth Robert

Prochainement plus de nouvelles sur le premier roman publié aux éditions Volpilière.

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Et moi, qui commence juste à exister quelque part. Dans la liste des auteurs de Piétra Liuzzo Editions, dont le roman va voir le jour. En avant première, son titre sera Trois roses blanches.

29/04/2008

Que gagnent les écrivains

Parmi toutes les visites sur mon site, la question qui ressort le plus souvent est "que gagnent les écrivains". Peu, que l'on en soit assuré !

Le très bon livre de Bernard Lahire aborde ce sujet à polémique. Un livre très réaliste qui devrait ôter des illusions à bien des aspirants écrivains, qui ne voudraient le devenir que pour des questions d'argent. Il résulte de toutes les recherches que l'on peut faire sur ce sujet, qu'il est très difficile de vivre de sa plume, les heureux élus sont rares, et encore, rien ne prouve que cela durera au long de leur vie. Ecrire est un besoin, une nécessité de passionnés un peu fous qui écrivent leurs rêves ou leurs aspirations, mais c'est tout un travail, long et fastidieux, qui reste très chronophage. Un rêve que chacun aime voir partagé, dont le premier revenu est humain, plus que financier et, la première satisfaction est de l'avoir écrit, de l'avoir conduit jusqu'au bout. Ce qui n'empêche pas l'auteur d'en doter encore et toujours, car même à la fin, au dernier mot, il se demandera s'il ne pouvait finalement pas faire mieux…

Quand on a la chance d'être édité, le premier salaire est le retour du lecteur, le reste n'est que cerise sur le gâteau, un petit plus appréciable, un bonus pour les vacances. Je l'ai déjà expliqué dans mes notes, les chances d'être édité sont très minces, celles d'être plébiscité par le grand public encore plus.

Peu d'écrivains vivent de leur plume, mais quasiment aucun d'entre eux ne renoncerait à sa passion Source France3.Fr

C'est une des leçons du livre que publie le 31 août 2006 Bernard Lahire aux éditions de La Découverte.
Lahirei
"La condition littéraire" est le fruit d'une enquête de trois ans auprès de  503 écrivains de la région Rhône-Alpes.

Pendant trois ans, le sociologue Bernard Lahire, professeur à l'Ecole normale supérieure, chercheur au CNRS, a enquêté auprès d'écrivains liés à  la région Rhône-Alpes, où ils sont nés, résident ou sont publiés. Son livre décrit des auteurs confrontés aux  difficultés matérielles, contraints à une "double vie" pour vivre leur passion.

Car le "métier" d'écrivain rapporte peu et souvent  rien du tout. "Acteurs centraux de l'univers littéraire, les écrivains sont pourtant les  maillons économiquement les plus faibles de la chaîne que forment les différents  professionnels du livre", écrit Bernard Lahire.

10% seulement des écrivains en tirent leur moitié de leur revenu
42,5%
des écrivains qui ont répondu à un épais questionnaire n'ont perçu  aucun droit d'auteur dans l'année qui a précédé l'enquête (2003) et ces droits ont représenté moins de 10% des revenus de 28,1% d'entre eux. 10% seulement en ont tiré plus de la moitié de leurs revenus et le mieux  loti est une exception avec plus de 79.000 euros de droits.

Pire encore, "les plus professionnels d'un point de vue littéraire, ceux qui  mettent le plus d'art dans ce qu'ils font" sont ceux qui ont le moins de chances  de vivre des revenus de leurs publications. D'où la nécessité d'un "second métier". Rien de nouveau, d'ailleurs. Honoré de Balzac  était clerc de notaire et Guy de Maupassant, commis de ministère.

Les auteurs interrogés sont 49,2% à exercer une activité rémunérée, 49,4% en  ont exercé une par le passé et 1,4% seulement n'en ont jamais exercé. Des "seconds métiers" le plus souvent liés à l'enseignement, l'écriture ou la culture (63,8%  sont cadres ou exercent une profession intellectuelle). Mais on compte également  1,2% d'agriculteurs et 1,2% d'ouvriers. A l'opposé, Marc Lambron, normalien et énarque, Prix Fémina 1993, est  maître des requêtes au Conseil d'Etat, et Yves Bichet, 14 titres, dont plusieurs  chez Fayard et Gallimard, artisan maçon.

9782707149428r1A partir de là, le temps dégagé pour écrire est la principale préoccupation  de l'écrivain. Ceux du matin se lèvent à 04H ou 05H, ceux du soir y passent une  partie de la nuit. En France, écrivain reste un métier d'homme (62,8% des auteurs interrogés),  alors que l'on compte une majorité de femmes parmi les lecteurs, et les auteurs  sont "avant tout issus des classes supérieures et moyennes".

Dans ce "jeu littéraire", Bernard Lahire distingue trois grandes figures.  Ceux qui pratiquent la littérature comme un loisir. Ceux qui sont "pris au jeu",  dont ils font "le moteur premier de leur existence" tout en conservant une  activité rémunérée. Ceux, enfin, qui peuvent "gagner leur vie" en jouant,  "joueurs professionnels dans le sens économique du terme".

Souvent décriés, les prix littéraires restent un élément essentiel. "Seuls,  peut-être, les grands prix littéraires contribuent à stabiliser, au moins durant  quelques années, la situation économique de l'écrivain en lui assurant un  lectorat suffisamment étendu", résume Bernard Lahire.

"La condition littéraire" de Bernard Lahire, éditions de La Découverte - 619 pages

23/04/2008

Diffusion du livre

Le monde de l'édition est en plein mouvement, les bébés suisses se mettent à la lecture des livres, que leurs aînés ne lisent plus et, le groupe Espagnol Planeta tente de faire une OPA sur le groupe Editis. On n'a pas fini de ne rien y comprendre. Il semble que le livre veuille devenir un simple enjeu financier.

Banquable or not banquable, that is the question ..!

Chaque bébé suisse recevra bientôt des livres à sa naissance

La Suisse s'engage dans la promotion de la lecture au berceau. Le projet "Né pour lire" sera officiellement lancé demain, à l'occasion de la journée mondiale de la lecture. Chaque nouveau-né se verra bientôt remettre un coffret de trois livres ainsi que des conseils et des propositions de lecture à sa naissance. Une manière d'encourager les jeunes parents à communiquer avec leur rejeton, à l'éveiller à la musicalité et à la richesse de la langue. Le coffret sera transmis par les pédiatres en Suisse alémanique, par les sages-femmes en Suisse romande. Les bibliothécaires sont invitées à prendre ensuite le relais, via diverses animations.

La diversité des livres est-elle un enjeu pour une démocratie ? Clairement oui.

Cette diversité peut-elle exister alors que l’édition est de plus en plus concentrée en France, où deux groupes (Hachette et Editis, en train de se faire racheter par l'espagnol Planeta) dominent le marché et exigent désormais d'importants taux de rentabilité? C’est moins sûr.

Un livre et un débat
D’où la nécessité, pour maintenir un  véritable pluralisme, de lancer une réflexion sur les filières indépendantes d’édition, de vente ou de distribution du livre. Tel est l’objet d’un livre collectif paru aux Editions
La fabrique (dirigées par Eric Hazan) et intitulé "Le livre: que faire ?".

Image_42332080 En 95 pages, "Le livre: que faire ? " (La fabrique) esquisse une série de pistes pour continuer à faire vivre l'édition indépendante. Des huit contributions de ce court ouvrage, toutes intéressantes, on retiendra d'abord celle d’André Schiffrin,  longtemps éditeur aux Etats-Unis et fort d’une connaissance internationale du monde de l’édition.

Pour faire vivre une petite maison d'édition, il ne faut pas énormément de moyens, rappelle-t-il d'abord (deux à trois mille euros suffisent pour éditer un ouvrage à quelques centaines d'exemplaires). Mais l'argent reste néanmoins l'éternel nerf de la guerre. Où le trouver ? Parmi les multiples exemples qu’il cite : en Suède, une maison d’édition a "mis sur pied une coopérative de lecteurs qui payent une modeste cotisation annuelle de vingt euros… ce qui permet à la maison de publier plusieurs dizaines de titres chaque année. Il suffit que 10% des membres achètent un livre et les frais sont amortis ». Autre modèle qu’il avait lui-même inventé aux Etats-Unis : une maison d’édition sans but lucratif. L’équivalent d’une "presse universitaire sans université". Mais elle marchait grâce au soutien de nombreux auteurs qu’André Schiffrin avait publiés dans une vie précédente, et grâce à des fondations éclairées comme il en existe parfois outre-Atlantique, mais qui font singulièrement défaut dans l'hexagone.

Signalons aussi, dans cette même "boîte à outils" pour éditeurs libres le plaidoyer de Jérôme Vidal pour qu’on apprenne à l’école à fabriquer des enfants lecteurs de vrais livres (et non, écrit-il, de « manuels qui sont en réalité des "non livres" destinés à des non lecteurs.. ») et les "réflexions hétérodoxes" de Francis Combes, qui suggère de prélever "un pourcentage infime" sur les droits tombés dans le domaine public (autant dire une taxe sur les grands éditeurs, qui sont aussi de gros éditeurs scolaires et vivent largement des oeuvres d'Hugo, Balzac, Rimbaud, Molière, aujourd'hui libre de droits). Mais il faut lire aussi un libraire rare, Rolando Alberto, qui dirige à Marseille la librairie "L'odeur du temps".  "Dans ma pratique", confie-t-il à Eric Hazan, "conseiller consiste le plus souvent à détourner. Oui, je déconseille des livres, que le client a choisis après une prescription abusive, d'après les éloges de la critique pour un livre. Source France2.fr

22/04/2008

Hubert Reeves

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En me promenant sur les infos littéraires du net, j'ai vu qu'hubert Reeves sortait un nouveau livre, un regard sur ce qu'a été son travail, sa vie et ses recherches.

Je ne peux oublier cet homme simple, d'un abord facile qui déjeunait près de moi à la cantine. Nous étions sur le même centre de recherche durant quelques années.

Jamais il ne se prenait pour un grand homme. Je garde de lui l'image d'un homme qui venait presque timidement dans le grand hall pour déjeuner, avec sa veste en toile à la sauce "écolo d'avant garde".

Le célèbre astrophysicien Hubert Reeves, qui vient de publier ses mémoires, nous rappelle que l'humanité est "une espèce menacée d'extinction". Rencontre avec un Terrien profondément humaniste, taraudé par l'état alarmant de notre planète.

Comme dans la chanson de Michel Fugain, l’astrophysicien Hubert Reeves se voit contraint d’affirmer: Je n’aurai pas le temps. Cette phrase à peine teintée de regrets résume le recueil de ses mémoires.

Comme il ne l’avait jamais fait encore, il se livre, raconte son enfance au Québec, les nombreux voyages imposés par sa carrière scientifique, ses engagements écologiques, sa philosophie de la vie sur Terre. Hubert Reeves n’écarte aucune question et, poussé par une curiosité qui lui assure encore une grande vitalité, il regarde notre planète et les humains qui l’habitent.

Soulagé, Hubert Reeves a remis à son éditeur le manuscrit de ses mémoires. Pendant 12 ans, comme il en avait fait la promesse, il a rassemblé les souvenirs dans l’espoir d’intéresser les jeunes à la vie scientifique.

Resize «C’est du moins ce qu’on m’a demandé au départ.» Entre ses mains, il tient ce qu’il voit aussi comme des archives, un témoignage sur les avancées scientifiques des dernières décennies. Source Canoë

Je n'aurai pas le temps, d'Hubert Reeves, Éd. du Seuil, 2008, 340 p.

17/04/2008

Mon roman est accepté...

Info de dernière minute, mon roman vient d'être accepté par un éditeur. J'ai le sentiment de ne plus toucher terre, de commencer un rêve fou, que le ciel vient de me tomber sur la tête. D'un côté, je ne compulserai plus mon mail avec autant d'impatience, avec une maniaque frénésie, comme un Toc irrépressible ; comme je n'attendrai plus un appel qui tarde à venir, sur un téléphone qui ne veut pas sonner l'heure de la délivrance. L'esprit n'en sera que moins chagrin. L'envoi d'un manuscrit, ce n'est plus le syndrome de la page blanche, c'est celui du portable et du mail qui se taisent. C'est l'école de la patience et de l'humilité, de la remise en cause de soi. Mille fois l'on se dit que l'on pouvait mieux faire, que le travail n'est pas bien achevé, mais on ne parvient plus à y changer la ligne générale. Puis, on ne veut plus le voir, plus le relire, il insupporte presque, et on se prend à rêver d'une autre aventure, qui palliera aux carences de la première. Une acceptation d'édition, c'est aussi un veto qui se lève sur le travail en cours, sur le prochain roman déjà débuté et qui piétine, qui aura plus de chance de se faire lire dans un comité de lecture, un acte de naissance pour un auteur. Volontairement je n'ose pas dire écrivain, car il appartient aux lecteurs de définir ainsi un auteur de livre. Malgré la définition du dictionnaire pour le mot écrivain, et le sentiment d'Irène Delse à ce sujet, je ne parviens pas à m'attribuer ce qualificatif. Même si ce n'est pas mon premier livre, c'est mon premier roman, il compte donc plus à mes yeux.

Nègres littéraires

Pour donner suite aux histoires de nègres en littérature dont j'ai déjà parlé dans une de mes notes, sur le site de RMC, au 05/04/2008, on trouve une interview de Jean-François Kervéan, qui est entre autres, nègre pour quelques personnalités. Il me fait bien plaisir de constater que la "négritude" s'affiche désormais, de plus en plus souvent. Ce n'est pas une honte, ni même critiquable, je le vois juste comme un travail utile où chacun y retrouve son compte. Il est évident que certains "auteurs de livre" n'ont ni le temps, ni les moyens de les écrire, aussi il est légitime de ne pas le taire, de ne pas mentir aux lecteurs. On peut avoir une opinion, des confessions à faire, ou des idées intéressantes, et avoir recours à un tiers pour les mettre en forme. Ceci ne retire rien à quiconque, alors pourquoi le cacher ? Pour se faire passer pour ce que l'on est pas ? Quelle utopie et quel mensonge stérile, qui revient à se mentir à soi même. Ces pseudo auteurs peuvent dire "mon livre", puisque cela est réel, il s'agit bien de leur histoire. Clamer "le livre que j'ai écris" relève de l'usurpation pure et simple, et c'est ce qui me choque.

A chacun son métier, il y a ceux qui ont une "histoire" et, ceux qui savent les raconter. Les deux personnages se complètent, peuvent vire en symbiose et forment un binôme constructif. Il n'y a que le romancier qui imagine son histoire, quand il ne la tire pas de faits réels et de son expérience, et qui la rédige pour le plaisir de raconter.

Kervan_2

« J’ai écrit les livres de Michel Drucker, de Loana... »

La rédaction - Bourdin & Co - RMC

Jean-François Kervéan était invité chez Jean-Jacques Bourdin pour évoquer une profession peu connue du grand public : nègres, ces écrivains qui rédigent les livres des célébrités.

Extraits audio :

A propos de Michel Drucker : Télécharger l'extrait

Avec Loana et Hervé Vilard : Télécharger l'extrait

Jean-François Kervéan est écrivain, journaliste, éditeur et... nègre. Les nègres, ce sont ces écrivains payés pour écrire « les livres des autres ». Par exemple, Jean-François Kervéan a écrit les autobiographies de Loana, de Michel Drucker, ou encore les deux romans d'Hervé Vilard. Invité mardi 15 avril dans Bourdin & Co, il a évoqué le métier de nègre. Selon lui, « De plus en plus, les people citent leur nègre, qu'ils appellent co-auteur, ce qui n'était pas le cas avant. Le métier est en train de changer, aujourd'hui, certains peoples insistent pour que l'on soit cités ». Cependant, « il y a encore un secteur secret, le secteur politique, où tout le monde a un nègre, mais il est interdit de le dire. Il y a aujourd'hui à Paris 7 ou 8 nègres qui ont pignon sur rue. Certaines personnalités vous demandent de disparaître ensuite, quelquefois c'est inscrit dans le contrat. C'est très codifié. Vu le nombre de livres écrits par des nègres, je peux vous dire que le poids des nègres est lourd aujourd'hui dans l'édition ».

Michel_drucker_article_big A propos de sa collaboration avec Michel Drucker, il a déclaré : « Vous avez des auteurs qui changent. Michel a démarré complètement paniqué à l'idée de faire un livre, comme s'il allait décrocher une timbale impossible, et au bout de plusieurs mois de travail, c'est devenu un homme dont je suis persuadé qu'il écrira le prochain tout seul. Il s'agit d'écrire avec des gens, et les amener à ce qu'est un texte ». Michel Drucker qui mentionne tout haut que le livre est co-écrit par Kervéan. Rendons à César ce qui lui appartient !

Mais qu'est-ce qu'on va faire de toi ? par Jean-François Kervéan et Michel Drucker (Broché - 2 novembre 2007)

Loana_lance_son_parfum_article_big Il a également évoqué son travail aux côtés de Loana : « Loana, c'était la grande époque où les nègres étaient totalement secrets, ce qui fait qu'après avoir passé deux mois en long et en large à Saint-Tropez, où tout le monde m'avait vu trottiner derrière ses « plates-formes boots », à Paris, dès que le livre est sorti, tout le monde m'a appelé. On me disait « vas-y, crache sur la bimbo, dis-nous qu'elle est bête ». Bouvard, Ruquier, le téléphone sonnait comme il n'a jamais sonné, car j'étais secret. »

Herve_vilard_1 Enfin, il a évoqué son travail d'écriture avec Hervé Vilard : « Hervé, c'est un écrivain. Il arrive chez moi avec ses feuilles sous le bras. Il n'est pas content, jamais assez content, il veut que ce soit toujours mieux. Mon travail lui convient et on fera un troisième roman ensemble ».

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