Nature vive
Si l'on était l'hivers,
Je te dirai regarde,
Tout ce blanc immaculé,
Ces arbres stériles,
Dardant vers le ciel,
Leurs bras décharnés.
La nature ne vit plus,
Elle hiberne,
Elle est vierge.
Si l'on était le printemps,
Je te dirai regarde,
La nature enfante,
Des fleurs de partout surgissent.
Je t'en choisirai,
Une pour l'amour,
Une autre pour mettre à tes cheveux,
Et une fleur de cerisier rose,
Pour te dire, je t'aime.
Je te montrerai aussi,
Le soleil faisant l'amour,
Avec la foret en extase,
Passant ses rayons dans ces feuillages,
Comme mes doigts dans tes cheveux,
Ou son regard caressant la colline,
Comme mes main sur ta peau,
Ou mes lèvres sur tes seins.
Si l'on était l'été,
Je te dirai regarde,
La nature devenue femme
Se repose au grand air.
Prenant des couleurs au soleil,
Ou se rafraîchissant d'ombre.
Elle se remet de ses couches,
Jetant sur nous un regard bienveillant.
Nous abritant de ses ramures,
De la flamme paternelle,
Tissant de ses herbes,
Le lit de nos amours.
Si l'on était l'automne,
Je te dirai regarde,
Notre mère se fait vieille,
Offrons lui le respect.
Telle une femme à la vie comblée,
Laissons la bien vieillir.
Et c'est dans un sursaut d'amour,
Qu'elle ira se parer,
Des teintes les plus pures,
Les couleurs de l'amour,
Les nuances de la vie,
Pour se flétrir peu à peu,
Perdre une à une celles qui firent,
Sa beauté, sa jeunesse et sa grâce,
Et mourir jusqu'à l'an nouveau.
Tous droits reservés, publié dans "Divaguations ou l'amour d'aimer"



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